Je fais ce petit billet parce qu’il m’est arrivé une expérience qui, je pense, restera gravée dans la mémoire de cette infirmière.
Je vais vous raconter la fois où j’ai dit « je suis enceinte », où on m’a répondu « Félicitations alors ! » et où ma réponse a été « non ».
Parce que parfois, tomber enceinte, ce n’est pas prévu. Parfois, ça arrive plus vite que ce qu’on aimerait. Parfois, malgré la contraception, un petit être vient quand même se nicher dans notre ventre.
Ce sont des moments qui peuvent être joyeux, ça peut aussi être des moments de grands doutes et dans mon cas, ça a été un moment de tristesse pure.
Ce troisième bébé, je le veux, mais pas maintenant, j’ai mes raisons : les deux plus grands qui sont déjà très rapprochés et encore très jeunes, la maison dont on démarre à peine les travaux d’autoconstruction et aussi, le souvenir encore trop chaud de ma dernière dépression du post-partum.
Et j’avais prévenu mon chéri, si jamais ça arrive (de tomber enceinte), je ferai une IVG (interruption volontaire de grossesse). Mais c’est une chose de le dire froidement en post-partum immédiat, ç’en est une autre de devoir prendre cette décision à 8 mois de post-partum.
Alors, voilà, il est arrivé un moment où j’ai du me rendre à l’évidence, mes règles ne reviennent pas … je fais un test : c’est pas clair… 4 jours plus tard : toujours pas de règles -> alors je prends rendez-vous avec une sage-femme.
Au rendez-vous, on fait l’écho, il y a bien un sac vitellin qui permet l’implantation de l’embryon mais elle ne voit encore pas grand chose, je suis tout juste à 5 semaines d’aménorrhées (soit 3 semaines de grossesse). C’est rassurant. Mais, au fond de moi, à ce moment-là : j’aurais vraiment préféré qu’elle ne voit rien du tout…
Ensuite, on discute des options, même si j’avais été claire sur l’objet du rendez-vous « première consultation IVG médicamenteuse », et je confirme mon choix. Alors, je dois aller faire une prise de sang pour mesurer le taux de bétaHCG, ce taux sera comparé à la prise de sang 15 jours après l’IVG pour confirmer que la grossesse s’est bien arrêtée.
Je vais au labo de suite après la consultation sage-femme et là, la jeune femme qui fait les prélèvements me prend mon ordonnance et me demande « alors pour quelle raison vous venez nous voir ?? » d’un ton très guilleret. Je bafouille un peu et je réponds « pour voir si je suis enceinte, enfin non, maintenant qu’on sait que je suis enceinte, on veut savoir de combien de temps ». J’ai pas du tout envie de lui déballer ma vie et en même temps je vois mal comment lui expliquer le truc… Donc, elle m’installe au fauteuil, met le garrot et me dit « Félicitation alors ! » Avec un large sourire… Et là, je la regarde droit dans les yeux « Non, ce n’est pas voulu ».
GROS BLANC.
La pauvre n’a pas su trop comment réagir « ah, désolée »… Je la détend, je lui dit que je ne lui en veut pas, elle ne peut pas savoir, que ma décision est prise et heureusement qu’on vit en France et pas dans des pays arriérés comme les US, etc. Bref, je détends l’atmosphère en partant sur le sujet vaste de l’avortement dans le monde, elle se laisse faire. Je pense et j’espère, qu’elle ne refera plus cette erreur.
Cette expérience m’a replongée au temps du lycée, quand une copine m’a dit un jour « je suis enceinte » et, de la manière dont elle me l’a dit je ne savais pas trop si c’était une bonne ou une mauvaise chose. À cette époque là, je demandais à la copine en question de clarifier, pour savoir s’il fallait s’en réjouir ou non. C’est un réflexe qui m’a quitté depuis plusieurs années puisque la plupart du temps quand mes copines aujourd’hui m’annoncent qu’elles sont enceinte, c’est plutôt une bonne nouvelle… ça m’apprendra à nouveau, à moi aussi, à prendre du recul et à vérifier les émotions de la personne que j’ai en face de moi avant de supposer.
Parce qu’une grossesse ce n’est pas toujours une bonne nouvelle…
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